H I S T O R I Q U E

Face à la coopération
des gouvernements de Pétain puis de Laval, les nombreux mouvements
de résistance agissaient, sur le terrain, contre l'occupant et ses
serviteurs collaborateurs.
Le parti communiste, interdit en 1939, cherche à s'imposer dans la
résistance et à apporter sa pierre à l'édifice
de la Liberté ; il cherche à organiser un grand rassemblement
de lutte contre le nazisme. Le Front National, constitué sur l'instigation
du PC, souhaite recueillir l'adhésion d'un grand nombre de personnalités
de tous les milieux. Pierre Villon, organisateur originel du Front National
en zone Nord souligne la qualité de rassemblement du Front National
: « Le FN est le seul mouvement où l'on trouve réconciliés
le curé et l'instituteur, le PSF et le Communiste, comme le radical
et le socialiste ». On trouve en effet au Front National nombre
de non communistes tels François Mauriac, Dassault... bref, nombre
d'humanistes dévoués à la lutte antifasciste. Le tract
« Les catholiques et le Front National », rédigé
par le Révérend Père Philippe montre bien l'esprit de
coalition humaniste face au nazisme. Les divergences politiques doivent en
effet s'éclipser devant un même désir de Liberté.
La formation d'organisations spécialisées démontre cette
unification : le Front National des avocats, le Front National des médecins,
le Front National des commerçants, le Front National des paysans, les
Fronts Nationaux d'usines, l'Union des Femmes Françaises...
Cette idée de rassemblement, de Front commun, quoique déjà
connue des membres du Parti, a émergé à la suite de l'invasion
de la Russie par l'Allemagne le 22 juin 1942. L'Humanité des 2 et 7
juillet dénonçait déjà la politique anti-soviétique
de Vichy et appelait à une union de tous les Français contre
les nazis : « Unissez-vous, refusez de servir le fascisme ».
C'est donc l'attaque hitlérienne en Russie qui a motivé l'élan
d'unification prônée par le Front National. Le parti communiste
prétend alors que « 999 Français sur 1000 sont
contre l'occupant, tous se sentent les amis de l'URSS et de tous ceux qui,
comme l'Angleterre et les Etats-Unis combattent l'ennemi hitlérien ».
Cette phrase symbolise un changement d'orientation les plus significatif du
Parti. On y constate l'attachement à la lutte contre le nazisme que
prône l'Angleterre et ce malgré l'hostilité du Parti Communiste
à l'égard de la haute finance londonienne.
Bien sûr, les actions sur le terrain étaient déjà
développées. En 1941 et 1942, l'activité des Francs-Tireurs
et Partisans (FTP), groupes armés du Front National, consistait à
désarmer les officiers ou soldats allemands isolés. Mais le
nombre de résistants actifs devait grandir.
Alors que Laval imposait le STO par une loi du 4 septembre 1942, des milliers
de réfractaires venaient grossir les rangs de la Résistance.
C'étaient en majorité des ouvriers. En effet, les manifestations
du 1er mai 1942 en zone libre avaient permis aux mouvements de résistance
d'entrer en contact avec les syndicalistes.
Pour la première fois le 16 octobre 1942, la signature du Parti Communiste
et du Front National se rencontraient au bas d'un tract et d'un manifeste,
diffusés dans la région Lyonnaise, avec celles de trois grands
mouvements de la zone sud : Combat, Libération, Franc-Tireur, et celle
du Mouvement Ouvrier Français. Cette union se révéla
efficace pour soutenir les grèves qui éclatèrent alors
pour aider les réfractaires au moyen de fonds remis par Jean Moulin.
Elle se révèle aussi être la consécration de l'entrée
dans la Résistance du Parti Communiste ainsi reconnu comme un des leurs
par les autres mouvements. En effet, est créé en zone sud, entre
le 9 et le 22 octobre 1942, un comité de coordination des mouvements
de résistance. Si la reconnaissance est effective dans la Résistance
intérieure, elle devait aussi se concrétiser dans les instances
organisatrices.
Grenier, député communiste de Saint-Denis est mandaté
à Londres par le Comité Central pour rencontrer le général
de Gaulle. Grenier venait apporter l'adhésion du Parti Communiste à
la France combattante ; il venait affirmer que « Les FTP se
battent, font la guerre et savent mourir avec un courage et un cur de
soldat, c'est pourquoi ils demandent au grand soldat que vous êtes de
ne pas laisser ignorer qu'ils font aussi partie de la France Combattante ».
L'unification des mouvements de résistance
est « officialisée » par la première
séance du Conseil National de la Résistance le 27 mai 1943.
Alors, le dernier rouage de l'appareil gouvernemental clandestin est en place
! La lutte contre le nazisme peut continuer, de manière particulièrement
efficace. Une véritable organisation est ainsi installée pour
combattre l'ennemi hitlérien et ses émules vichystes, l'ennemi
de la Liberté.
Un appel du Front National à l'action contre le nazisme, datant de
Juillet 1942, va dans ce sens. Chaque Français se devant d'agir de
la sorte :
1. empêcher que les ressources de la France servent à la machine
de guerre allemande ;
2. empêcher les usines françaises de travailler pour Hitler,
en soutenant les luttes revendicatrices des ouvriers, qui, en défendant
leur pain et celui de leurs enfants, suivent la cause de la France ;
3. empêcher que nos chemins de fer transportent en Allemagne nos richesses
nationales et les produits de notre industrie ;
4. organiser la résistance des paysans à la livraison des produits
agricoles aux oppresseurs de la Patrie ;
5. organiser la lutte contre la répression hitléro-vichyssoise,
chaque militant du Front National, qu'il soit athée ou croyant, radical
ou communiste, devant bénéficier de la solidarité de
tous ;
6. diffuser les écrits, appels ou documents du Front National et dénoncer
systématiquement les mensonges de l'ennemi ;
7. propager et exalter, face à l'envahisseur et à ses séides,
les sentiments patriotiques, la volonté de lutte pour libérer
la France.