1175 hommes furent déportés le 6 Juillet
1942 et 230 femmes le 24 Janvier 1943 à destination d'Auschwitz-Birkenau,
dénommés respectivement les "45000" et
les "31000" en raison des séries de matricules
attribués lors de leur arrivée au camp. Ces deux
convois possèdent des spécificités. Il s'agit des seuls convois de résistants
- patriotes et otages venus de France, à destination d'Auschwitz-Birkenau.
Pour les nazis, ils étaient destinés à disparaître
sans laisser de trace dans "la nuit et le brouillard"
(Nacht und Nebel) dans le cadre de l'ordonnance de Décembre
1941 signée du Maréchal Keitel, chef du commandement
suprême de la Wehrmacht et envoyés à Auschwitz-Birkenau.
Les nazis voulaient, par la déportation des "45000", créer
un climat de terreur dans la population française et mirent un soin
tout particulier dans la composition de ce transport en recourant à
des critères précis de sélection. Aussi ce convoi, premier
grand convoi de déportés politiques originaires de toutes les
régions de France, est-il singulier par sa date précoce - 1942
- date des premières déportations de juifs de France, et sa
destination le camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz-Birkenau.
Les 230 femmes déportées sont venues de toutes les régions
de France et de tous les horizons politiques. Elles sont issues de toutes
les couches sociales. Leur déportation s'inscrit aussi dans le cadre
de la politique d'otages et de terreur. Parmi ces femmes, nombreuses eurent
leur mari, compagnon, père, frère ou fils qui furent fusillés
ou déportés également comme otages.
Le 27 Janvier 1943, à leur arrivée dans
l'immensité blanche et glacée de Birkenau, à
la vue des barbelés et des miradors, ces femmes ont chanté
la Marseillaise, symbole de liberté, de lutte et d'espérance.
Presque tous les "45000" et des "31000",
furent arrêtés par la police
française qui les livra à la Gestapo. Beaucoup
connurent de longues périodes d'internement dans les prisons
et les camps en France, dans des conditions éprouvantes
avant leur déportation.
Les "45000" et les "31000" ont été décimés
dès les premiers mois de captivité en raison des conditions
de vie et de mort dans l'enfer d'Auschwitz-Birkenau, indépendamment
des chambres à gaz. Sur les 1170 hommes immatriculés à
Auschwitz le 8 juillet1942, seuls 119 étaient
vivants à la libération des camps. De même, sur
les 230 femmes déportées en Janvier 1943, seules 49 survivantes sont rentrées.
Les 45000 et les 31000 ont montré dans l'enfer
du camp un sens élevé de la solidarité et
de la dignité, un certain nombre d'entre eux eurent un
rôle important dans les réseaux de résistance
du camp dont le principal objectif était de sauver des
milliers de vies humaines.